Une série d’articles a récemment été publiée encensant les bureaux individuels au détriment des espaces ouverts et suggèrant par conséquent de ne plus concevoir de bureaux paysagés. Et pourtant… Même si les bureaux paysagés ont pu être décrits comme une mode de gestion par les journalistes, l’adoption de cette organisation de l’espace remonte aux années 50 et depuis lors, de tels articles négatifs ont été régulièrement publiés.

Cependant, tous les cinq ans environ, ces articles semblent s’aggréger pour attirer l’attention de la presse. Il semble que les universitaires et les journalistes ressentent une aversion particulière pour les espaces ouverts. Mais clairement, les open-spaces ne sont pas une «mode» et je pense qu’ils vont perdurer. Il semble donc plus utile de se concentrer sur la façon de résoudre les problèmes avérés liés à ce mode de conception des espaces de travail, plutôt que de simplement les critiquer.

En réalité, diaboliser la conception de tous les espaces paysagés sans discernement ressemble à un coup d’épé dans l’eau. En tant qu’aménageur de bureaux,  nos chefs de projets se sentent frustrés par ce point de vue réducteur. Pour faciliter une approche un peu plus positive, nous avons créé une taxonomie de 12 typologies de bureau. L’un des aspects de la conception de bureaux est l’étendue des variations d’organisation s’étalant du plan d’espace entièrement ouvert au bureaux entièrement cloisonnés. D’après notre propre expérience, les solutions et les scénarios situés aux extrémités de ces options ne sont généralement pas les meilleurs. Ainsi, un environnement de travail entièrement ouvert, sans espace d’intimité, ou un espace de travail composé uniquement de bureaux individuels, est peu susceptible de répondre aux besoins d’une organisation moderne et dynamique.

Nous pensons qu’il est temps de concevoir des environnements de travail innovants. La conception de ces espaces doit par comprendre :

  • l’ensemble des activités dans l’espace
  • les pratiques de travail tant actuelles que souhaitées dans le futur
  • le style de gestion existant
  • le fonctionnement quotidien de l’espace
  • l’encouragement des comportements préférés en son sein.

Comme mentionné précédemment, il est peu probable que la création d’une grande densité de postes de travail (souvent proposée comme la solution la moins onéreuse) convienne à la majorité des organisations, même il existe néanmoins des exceptions telles que les centres d’appels et les salles de marché.

La récente série d’articles critiquant le plan ouvert est principalement une conséquence des recherches récentes montrant que lors du passage à un mode d’organisation en open-space,

“Contrairement aux idées reçues, le volume des interactions face à face a diminué de manière significative (environ 70%)… avec une augmentation associée de l’interaction électronique.”

En résumé, plutôt que d’encourager une collaboration en face à face de plus en plus dynamique, les bureaux paysagés déclencherait une adaptation humaine consistant en un retrait des relations directes au profit d’un repli sur les messageries instantanées.

Cependant, la collaboration est le fait que deux personnes ou plus se réunissent et produisent quelque chose qu’elles n’auraient pas pu créer seules. Un préalable à la collaboration est la confiance et un précurseur à cela est l’interaction sociale. Donc, généralement, toutes les interactions sont bonnes, mais il y a un moment où l’interaction devient une distraction et, pour une bonne productivité, devrait être réduite. Les chercheurs ont signalé un passage d’une moyenne de 5,8 heures d’interaction par jour avant le passage en bureaux paysagés, à 1,7 heure par jour après le déménagement. Pour la plupart des entreprises, le fait que leurs employés soient impliqués dans l’interaction pendant environ 75% de leur journée de travail n’est pas propice à la productivité. Avaient-ils seulement environ 2 heures par jour pour accomplir un travail ciblé? On pourrait faire valoir que la nouvelle conception en espace ouvert permettait aux occupants de travailler avec moins de distraction et d’être plus productif. L’augmentation de l’interaction électronique peut être due au fait que les participants ont appris à respecter la vie privée de leurs collègues et à réduire les distractions et les interruptions dans leur nouvel environnement.

Le fait qu’il n’y ait pas de séparations de bureau et que de grandes zones sans limites puissent exister, peut-être sans installations communes pour aider à diviser l’espace, indique un espace mal conçu. En effet, il est plus difficile d’assurer la confidentialité et le contrôle du bruit et de la température dans les environnements ouverts. Mais il ne semble non plus très judicieux de fournir un bâtiment dans lequel les travailleurs sont placés en rangées de boîtes isolées; on pourrait tout aussi bien les renvoyer chez eux.

Alors, relevons le défi d’améliorer les espaces de travail paysagés, en passant d’un espace ouvert morne et bruyant à un environnement de travail innovant.

Plaidoyer pour des espaces de travail innovants
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